Focus métiers : Joachim Rebourg, rippeur pour les décors de « Notre salut »

En février 2025, un collègue lui propose de le rejoindre sur un tournage à Limoges et le recommande à sa production. C’est ainsi, grâce aux liens de confiance nés de la vie professionnelle, que Joachim Rebourg a travaillé sur « Notre salut », le film d’Emmanuel Marre sorti ce 30 septembre après avoir créé l’événement au festival de Cannes.
Alsacien de naissance installé à Najac en Aveyron, Joachim Rebourg est rippeur. Il transporte et installe des décors, avec le soin requis par la manutention d’objets fragiles et de constructions uniques imaginées par les chef(fe)s déco. Il est amené à déplacer des objets de luxe, comme ce lustre à suspension pour lequel, sur le tournage d’une série à Arles, il a fallu fabriquer une caisse en bois spécifique. Ou encore des équipements volumineux, comme une cuisinière en fonte à disposer dans un espace restreint. Un rippeur doit témoigner de prévoyance et d’ingéniosité.
Il intervient sur un décor un à deux jours avant le tournage. Parfois plus, comme dans un pavillon de quartier à Toulouse où l’installation du décor, pour un long métrage de fiction, a nécessité une semaine. Sa fonction se conjugue souvent avec celle d’accessoiriste aux meubles, aussi a-t-il en permanence des outils sous la main, pour de l’accrochage, du vissage, de la découpe, en plus du matériel servant à transporter et à protéger les éléments de décor.

L’équipe décoration de « Notre salut » a rassemblé quinze à vingt personnes, dont les deux rippeurs que sont Joachim et son collègue Simon Vignaud. Joachim a travaillé près de trois mois sur le tournage, d’abord en Limousin puis à Vichy et aux alentours. « La préparation a été importante, surtout à Limoges avec davantage de décors construits à installer », relate Joachim. « A Vichy, à l’automne, nous avons veillé à enlever ou camoufler des éléments modernes (plaques en façade, mobilier urbain…), parfois juste en les cachant avec des boîtiers de la teinte des bâtiments anciens, ou même en recouvrant un passage piéton sous un tapis de feuilles mortes. »
Le rippeur doit parfois composer avec les possibilités sur place et avec l’exigence de sécurité. « Si un accessoire est prévu en façade, comment l’installer de manière sécurisée et sans que le système d’accroche soit visible ? On regarde ce qui est faisable, si besoin on propose dele décaler un peu, d’autant que, sur un bâtiment historique, il n’est pas envisageable de percer », expose Joachim. « On est attentifs aux conditions de sécurité et au fait de réaliser l’installation la moins intrusive possible. »
Du tournage de « Notre salut », Joachim retient « une expérience incroyable ». Le 13 septembre, il a assisté à la projection du film en avant-première à Limoges, le regardant avec l’œil du professionnel, attentif au rendu esthétique des décors à l’écran. « J’ai hâte de le voir une deuxième fois en me laissant porter par l’histoire », confie-t-il. Il a tout juste le temps : dès la mi-octobre, Joachim va travailler sur le tournage de « Louise Michel, l’insurgée », téléfilm de Mathieu Busson et Julie Gayet, dans le Tarn.


